L’agriculture devient un véritable enjeu de développement. Selon un rapport intitulé « Accaparement des terres ou opportunité de développement ? Investissements agricoles et transactions foncières internationales en Afrique », l’Institut International pour l’Environnement et le Développement (IIED) associé au Fonds international de développement agricole (FIDA) et à l’agence pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), deux institutions de l’ONU, vient d’analyser l’étude d’impact des investissements internationaux sur les terres agricoles dans huit pays africains, Éthiopie, Ghana, Mali, Kenya, Madagascar, Mozambique, Soudan et Zambie.
Le rapport souligne un manque de transparence constant dans les processus de décision et les circuits d’investissement, qui risquent d’entretenir la corruption et d’aboutir à des transactions contraires à l’intérêt des populations. Les populations concernées sont tenues à l’écart des négociations et les données sur la superficie ou la nature des contrats ne sont pas publiques. « Le manque de transparence paraît problématique » quand il s’agit de discussions entre gouvernements. Les contrats examinés sont presque tous « courts et simples, comparé à la réalité économique de la transaction », note le rapport. De nombreuses zones d’ombre caractérisent les engagements en termes de création d’emploi de même que la question de la répartition des récoltes entre exportations et consommation locale.
Jean-Philippe AUDINET, directeur de la division des politiques au FIDA, regrette clairement de voir des gouvernements préférer « le business au développement » et précise : …« Cette absence de dialogue est un problème. Dans toutes nos actions, nous nous attachons à ce qu’il y ait un consentement libre et informé des populations quand il est question de ressources naturelles »…
Le rapport confirme l’augmentation substantielle ces cinq dernières années des investissements liés à la terre et révèle que 2004 à ce jour, en Éthiopie, au Ghana, au Mali, à Madagascar et au Soudan ce sont au moins 2,5 millions d’hectares de terres ont été achetés en Afrique par des Etats étrangers, pour un montant total de 920 millions de dollars par des multinationales ou des fonds de pension, soit l’équivalent du territoire de la Belgique.[1]
Mais les chiffres cités sont probablement bien en deçà de la réalité, car le rapport souligne le manque de fiabilité des données officielles : …« En Éthiopie, l’information sur la taille des terres cédées ou en cours de négociation en 2008 étaient manquantes. Au Soudan, les données sont encore plus incomplètes qu’ailleurs. Des médias ont ainsi pu décrire des transactions qui ont eu lieu mais qui n’apparaissent que partiellement dans les recensements gouvernementaux.
L’agence Reuters a fait état d’un investissement pour 13 000 ha de la compagnie allemande FLORA ECOPOWER en Éthiopie alors que l’agence éthiopienne de promotion de l’investissement n’a enregistré que 3 800 ha pour cette opération. Un accord portant sur 400 000 ha au Soudan, rapporté dans les médias, est tout simplement absent des statistiques officielles disponibles »…















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